Violence
C’est l’enfant de l’étoile polaire ou des mers
de sable.
Des forets d’immeubles ou de la nature
sauvage.
Celui qui, peut être sous les vagues
de ton drapeau,
a poussé son cri de vie le plus long
et le plus beau.
Celui dont l’homme efface le sourire
du visage.
Comme l’écolier, les écrits à la craie
de son ardoises.
La bouche scellée,
la langue marquée de maux indélébiles.
Son esprit exilé
prolonge un regard volubile.
Violence !
Abandonné près de ses quatre bougies,
la mère patrie
le recueille dans des cages noires et désertes,
à manille…
Violence !
Il survie un peu comme notre célèbre misérable
de Paris.
Sauf qu’il ouvre un sac d’aurolaque pour entrer
dans l’oubli.
Comme il entre, aux premiers pas
de la nuit,
dans la chaleur des carrefours souterrains,
en Roumanie…
Violence
La famine gonfle son ventre comme un ballon
plastique,
lui ronge les joues et le corps, puis les os,
au Mozambique…
Violence !
Les syndicats et les trente cinq heures, en France,
font du foin.
Le salarié nubile s’en moque, il est tailleur de pierres
Nord Coréen…
Mais l’Europe forteresse sort la carte de l’impunité
diplomatique.
Joker, en cas de flagrant délit de servitude
domestique.
Violence !
A l’age de mes garçons, il parcourt un poème rédigé
en braille.
Apres que la fée de la misère l’ait changé
en banque d’organes.
C’est rentable pour la bourse et la médecine
en occident.
Car ça te coûte les yeux de la tête si tu es
un de ses patients.
Violence !
Aux lendemains du chant funèbre des canons et
des fusils.
Le bambin marchera sur les dernières déjections
du conflit.
Autrement dit, des mines antipersonnel enfouies
tous les dix pas.
Soufflent sur la chair de notre époque avancée,
en Angola…
Violence !
Le silence se débat et crie « non » dans les larmes
de l’angelot endolori
par le porc abject qui respire et gémit, allongé
derrière lui.
Près de chez toi ou dans un pays qui répond à l’offre
et à la demande.
Puisque le tourisme sexuel se développe avec succès,
en Thaïlande…
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