Mercredi 16 mai 2007
L’étranger

La mélodie de la guitare
porte ma voix étranglée.
Plus haut que les étendards
arborés sur les bombardiers.

Je dis à qui veut l’entendre
que je suis un étranger.
La violence n’est pas ma langue,
si bien mondialisée.

Alors j’écoute pour comprendre,
la bévue des accrocheurs…
Sans jamais vouloir l’apprendre,
même des lèvres d’une sœur.

Je reviens d’une contrée
que j’ai appelé espoir.
Où rien n’est encore fait.
Juste les plans d’un regard.

Demain est une terre promise,
où l’aube se dresse plus fier.
Sur l’humanité conquise,
par la parole étrangère.

Ici la paix intimide
ses douze apôtres proclamés.
Plus présent dans les litiges
qu’aux chevets des mutilés.

Les ados deviennent des hommes.
Car l’armée leur colle des couilles,
pour des barils de pétrole.
Puis les familles pleurent les dépouilles.

Entends tu parmi nous
ces quelques mots incessants
d‘un soldat devenu fou :
«Bain de foule, bain de sang.»

Belles accolades à Berlin
sur les débris de l’infamie.
Israéliens, palestiniens.
Le rempart de la honte se reconstruit.

Demain est une terre promise
où l’aube se dresse plus fier.
Sur l’humanité conquise
par la parole étrangère.

J’évolue dans le ventre bleu
d’une mère patrie insensible
au sort des malheureux
qui viennent demander l’asile.

Moi je ne m’étonne pas
qu’en n’ayant ni toit, ni droit
le valeureux qui subit ça
n’ai plus ni foi, ni loi.

A l’école on m’a parlé
de fraternité, de liberté…Mais
pour le Soudan, rien que du riz.
Est ce cela l’égalité?

Ce trinôme doux comme le miel
a caressé mon palais.
Puis ma panse a fait des siennes
entre douleurs et nausées.

Demain est une terre promise
où l’aube se dresse plus fier.
Sur l’humanité conquise
par la parole étrangère.

L’euro, ce n’est pas ce qui manque.
Mais il y a la française des jeux
qui trouve plus divertissant
de faire espérer les gueux.

Travaille d’abord des méninges
pour remplir ton compte en banque.
Car ici la monnaie de singe
est aussi monnaie courante.

L’argent est un veau d’or.
Il y a ceux qui l’adorent.
Les autres qui l’implorent.
Et l’étranger qui l’abhorre.

Les grands hommes n’ont de valeur
que dans leur titre de seigneur.
A tout seigneur, quel honneur ?
ils engendrent nos malheurs !
Par D.GA - Publié dans : SLAMS
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 16 mai 2007
Toxik

Je me pose, ragga hit, sur le beat.
Et d’une forme olympique, je débite des formules métaphoriques.
N’attend pas que je te sauve, ma parole n’est q’un déclic.
Alors clic sur power,  bouya !  le téléviseur.
Jeune homme, jeune fille, fini le règne de la torpeur.
J’analyse et j’explique :
On pratique un holocauste des consciences par satellite.
Chaînes d’état, chaînes publiques, armes stratégiques de destruction massive.
Y a pas d’age pour être la cible.
Pam ! Pam ! sur tous les téléphiles. Les esprits s’affaiblissent, les esprits s’abêtissent.
C’est comme un virus qui s’immisce.
Ta matière grise sa bâtisse est sous emprise destructrice.
Y a pas une chaîne intelligente qui pourrait aider les gens
ayant peu chauffé les bancs, trop échauffer les enseignants.
Ou les deux périodiquement.
Nan ! Nan ! Nan !

Infection de l’encéphale, les ondes hertziennes
sont  toxik.
La sottise émane des écrans comme un produit
toxik.
Apprends donc à respirer sans le tube cathodique.
L’atmosphère est toxik de TF1 à canal satellite.
Pour l’hygiène spirituelle mieux vaut penser par soi même,
et je l’applique.
Aujourd’hui, je t’invite à prendre un bon bol d’oxygène
dans ma musique.

La télé vile télécommande les téléphiles.
Cent mille images qui défilent, j’imagine combien elle t’embobine.
De la pub aux téléfilms, y a plus qu’elle qui t’obnubile.
Ta volonté, elle l’annihile.
Même tes discussions futiles, elle en est à l’origine.
Elle vend du rêve, du beau, qui vaut des centaines de centimes.
Mais tu as des factures qui te ruinent donc tu admires et tu déprimes.
C’est comme l’effet de la cocaïne. Tu voyages en restant immobile.
Venons en à tes peurs devant des rus d’hémoglobine.
La télé t’endoctrine lorsqu’elle relate : délits et crimes.
Alors rétorque aux dirigeants pendant leurs
discours habiles :
Drogue, inceste et gun y a pas que sur les trottoirs de ta ville !
Vas y bouge ou de ta conscience il ne restera que des ruines.
L’appareil en veille, houps ! débranche le fil.
Ici, je t’attends pour remuer sur le refrain qui m’anime.

Infection de l’encéphale, les ondes hertziennes
sont  toxik.
La sottise émane des écrans comme un produit
toxik.
Apprends donc à respirer sans le tube cathodique.
L’atmosphère est toxik de TF1 à canal satellite.
Pour l’hygiène spirituelle mieux vaut penser par soi même,
et je l’applique.
Aujourd’hui, je t’invite à prendre un bon bol d’oxygène
dans ma musique.

Chez nous, il n’y a pas besoin de télé, l’info est en live et en direct.
Il nous suffit de regarder dans le carré de la fenêtre
pour être témoin des images chocs,
qui passent en boucles en bas des blocs.
Pauvreté, misère on est jugé coupable
Matraque en main, vois de quoi les bleus sont capables!
Cela dit la téci recèle aussi
d’une panoplie d'épisodes inédits.
Comme ses réseaux de militants
qui luttent pour le droit au logement.
Comme les gens d’un autre continent
qui s’organisent ici pour survivre convenablement.
Par D.GA - Publié dans : SLAMS
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 16 mai 2007
Pandora.

Au travers de mes expériences
et de différents  témoignages,
j’en ai conclue que, globalement,
dans cette société,

il vaut mieux être :

Un homme,
beau,
de grande taille,
de poids proportionné,
plutôt musclé,
droitier,
sans handicap,
de race blanche,
brun ou châtain,
hétéro,
élégant,
non fumeur,
modéré en alcool,
diplômé,
dégagé des obligations militaire,
patriote,
convoiteur de fond,
joueur en bourse,
travailleur,
matinal,
électeur,
baptisé,
pratiquant : catholique ou protestant,
vierge pour le mariage,
fidèle à la conjointe,
sédentaire,
propriétaire, d’une maison,
d’une voiture,
souriant,
communicatif,
ignoré par l’huissier,
soumis aux lois,
respectueux envers la police,
inconnu de la justice,
bon payeur,
grand consommateur,
téléspectateur,
auditeur de variétés musicales
militant sympa,
client des Mac do,
connecté à Internet,
ennemi des hackers,
et dénonciateur des voleurs !

et moi je suis :

Une femme,
sans grand succès,
d’un mètre quarante deux,
soixante kilos,
ventrue,
gauchère,
boiteuse,
eurasienne,
blonde,
bisexuelle,
négligée,
love de marie Jeanne,
amateur de tord-boyaux,
autodidacte,
sans  obligations militaire,
pour la désertion,
pour la gratuité,
pour le krach boursier,
sans-emploi,
vespérale,
abstentionniste,
débaptisée,
athée,
dépucelée à treize ans,
pour l’amour libre,
future bohémienne,
locataire d’un f 2,
cycliste,
joyeuse à temps partielle,
souvent monologue,
lectrice assidue des avis de passage,
récalcitrante,
anti-flics,
bagarreuse multirécidiviste,
endettée,
cliente fichée,
spectatrice live,
fan d’assassin,
sympathisante du black bloc
et de José Bové,
surfeuse,
 virus social,
 admiratrice d’Arsène Lupin !


C’est en propageant tous ces mots
que mes interlocuteurs m’ont surnommé,
affectueusement : Pandora.
Je n’ai pas de boite à malheur…
L’amphore, c’est moi.

Parce que je suis libre, de corps et d’esprit.
Par D.GA - Publié dans : SLAMS
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 16 mai 2007
    Violence
                      
C’est l’enfant de l’étoile polaire ou des mers
de sable.
Des forets d’immeubles ou de la nature
sauvage.
Celui qui, peut être sous les vagues
de ton drapeau,
a poussé son cri de vie le plus long
et le plus beau.
Celui dont l’homme efface le sourire
du visage.
Comme l’écolier, les écrits à la craie
de son ardoises.
La bouche scellée,
la langue marquée de maux indélébiles.
Son esprit exilé
prolonge un regard  volubile.
Violence !
Abandonné près de ses quatre bougies,
la mère patrie
le recueille dans des cages noires et désertes,
à manille…  
Violence !
Il survie un peu comme notre célèbre misérable
de Paris.
Sauf qu’il ouvre un sac d’aurolaque pour entrer
dans l’oubli.
Comme il entre, aux premiers pas
de la nuit,  
dans la chaleur des carrefours souterrains,
en Roumanie…
Violence
La famine gonfle son ventre comme un ballon
plastique,
lui ronge les joues et le corps, puis les os,
au Mozambique…
Violence !
Les syndicats et les trente cinq heures, en France,  
font du foin.
Le salarié nubile s’en moque, il est tailleur de pierres
Nord Coréen…
Mais l’Europe forteresse sort la carte de l’impunité
diplomatique.
Joker, en cas de flagrant délit de servitude  
domestique.
Violence !
A l’age de mes garçons, il parcourt un poème rédigé   
en braille.
Apres que la fée de la misère l’ait changé
en banque d’organes.
C’est rentable pour la bourse et la médecine
en occident.
Car ça te coûte les yeux de la tête si tu es
un de ses patients.
Violence !
Aux lendemains du chant funèbre des canons et
des fusils.
Le bambin marchera sur les dernières déjections
du conflit.
Autrement dit, des mines antipersonnel enfouies
tous les dix pas.
Soufflent sur la chair de notre époque avancée,
en Angola…
Violence !
Le silence se débat et crie « non » dans les larmes
de l’angelot endolori
par le porc abject qui respire et gémit, allongé
derrière lui.
Près de chez toi ou dans un pays qui répond à l’offre
et à la demande.
Puisque le tourisme sexuel se développe avec succès,
en Thaïlande…
Par D.GA - Publié dans : SLAMS
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus